Pour être véritablement porteuse de sens, la durabilité doit être authentique.
3 min de lecture
Lors de Paperjam 10x6 : The Power of Sustainability, des entreprises issues de secteurs aussi variés que le tabac, la finance, la sidérurgie, la restauration, l’architecture, l’énergie ou les technologies ont démontré que la durabilité est bien plus qu’un slogan. Elle constitue une réalité concrète, parfois paradoxale, façonnée par les données, les choix stratégiques, les contraintes du terrain et des décisions ambitieuses.
Ljiljana Vidovic, architecte, associé senior et responsable du design conceptuel chez Metaform, y représentait l’agence en partageant sa vision de la manière dont l’architecture peut intégrer concrètement la durabilité dans les projets.
Le message était clair : la durabilité n’est pas une esthétique, mais une responsabilité. Notre profession ne peut se contenter d’images verdoyantes, de labels ou de solutions technologiques présentées comme des réponses universelles. Le véritable impact se mesure dans notre manière de planifier, de concevoir, de construire, de réemployer les ressources et de concevoir des bâtiments capables d’évoluer au fil du temps.
Il apparaît aujourd’hui clairement que la durabilité dépasse les questions de communication ou d’esthétique. Bien que le terme soit omniprésent, il est parfois devenu davantage une image qu’un véritable état d’esprit. Alors que le secteur du bâtiment et de la construction est responsable de 39 % des émissions mondiales de CO₂, les architectes ont un rôle majeur à jouer dans la réduction de cet impact. Les labels et certifications, tels que LEED Platinum, ne garantissent pas à eux seuls la performance d’un bâtiment, et les « villes intelligentes » dépourvues d’une véritable vie collective risquent de devenir des villes fantômes. Une architecture durable suppose avant tout des lieux vivants, actifs et profondément humains.
Créer un véritable impact grâce à l’urbanisme et à la conception
L’urbanisme constitue l’un des leviers les plus puissants de la durabilité. Des stratégies telles que la densité, la marchabilité, la mixité des usages ou encore des transports publics performants permettent de réduire significativement la pollution. Le modèle des « superblocks » de Barcelone illustre comment une ville qui redonne la priorité aux habitants plutôt qu’à la voiture peut offrir des rues plus calmes, plus agréables à vivre et plus saines.
L’architecture du paysage permet également de transformer d’anciens sites industriels en véritables infrastructures vertes, tandis que le processus de construction ouvre la voie au réemploi, à une approche plus sobre et à la réduction des matériaux superflus. Les stratégies de réutilisation contribuent à limiter les déchets, à diminuer la consommation d’énergie et à prolonger la durée de vie des bâtiments.
Metaform applique ces principes dans des projets tels qu’Um Bock, Skinperium, Pharmacy Marx ou encore Epernay, actuellement en cours de développement. Ce projet met l’accent sur le réemploi, le zéro déchet, une utilisation raisonnée des ressources et des solutions low-tech, démontrant qu’un bâtiment peut atteindre de hautes performances grâce à sa conception plutôt qu’à la multiplication des équipements techniques.
« La véritable durabilité réside dans la durée de vie d’un bâtiment : sa capacité à se transformer, à s’adapter et à évoluer. Construire pour durer, c’est construire pour le changement. »
Anpassungsfähige Gebäude ermöglichen es künftigen Generationen, bestehende Bauten weiterzuentwickeln, anstatt sie abzureißen. So entsteht langfristiger Mehrwert für Menschen und Städte. Gleichzeitig gilt: Nicht jede Strategie eignet sich für jedes Projekt. Nachhaltigkeit fordert immer auch die Bereitschaft, für jede Aufgabe die passende Lösung zu finden.
Wenn Nachhaltigkeit Wirkung entfalten soll, muss sie authentisch sein, auf intelligenter Planung beruhen und langfristige Werte schaffen. Mit genau dieser Botschaft endete der Vortrag beim Paperjam 10x6: Nachhaltigkeit beginnt mit Ehrlichkeit.
Wir bedanken uns herzlich beim Paperjam Club für die Einladung und die Möglichkeit, Teil einer Diskussionsrunde mit so vielfältigen Perspektiven zu sein. Unser Dank gilt ebenso Joost van Oorschot, Sigridur Torfadottir, William Meyer, Clémentine Venck, Tom Wirion, Julie Schadeck, Paul Zens, Sebastien Wiertz und Jane Feehan.
Lesen Sie hier den vollständigen Artikel zur Veranstaltung.
Photos © Julian Pierrot / Paperjam